«Mélomanes-rappeurs» ennemis de vrais Rappeurs sénégalais! Par Serigne Babacar Dieng

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S’il y a un mouvement au monde où ses acteurs veulent tous devenir des Rappeurs, c’est bien le hip-hop du Sénégal, le pays natal de Akon. Il était apparu aux États-Unis à New York, dans le South Bronx au début des années 1970 en se développant en tant que mouvement culturel et artistique.

Originaire des ghettos noirs et latinos de New York, il s’est répandu rapidement dans l’ensemble du pays puis au monde entier au point de devenir une culture urbaine importante. La culture Hip-hop connaît plusieurs disciplines: le Rap (ou MCing), le DJing, le Break-dancing (ou b-boying), le Graffiti, le Beatboxing. Ces disciplines, apparues avant le hip-hop, sont intégrées dès la naissance du mouvement.
Mais un recensement nous a permis de savoir qu’il y a plus de Rappeurs au Sénégal qui s’activent comme il se doit contrairement aux autres disciplines qui marchent à petit pas de tortues.
A chaque coin, il y a un Rappeur qui étale son Egotrip et c’est devenu un phénomène viral comme à chaque quartier, on trouve un Lutteur qui étire ses muscles, attendant de décrocher un combat.

La raison est toute simple, ceux sont les Rappeurs qu’on invite sur les plateaux, c’est eux qui voyagent et empochent les gros cachets, conséquence: tous ses autres acteurs transhument sur les prairies du rap. Comme le rap n’a pas de porte ni de fenêtre ni de police encore moins de gendarme pour autoriser ou interdire qui doit rapper ou non, beaucoup sont appelés mais peu sont élus par le public.

Et bonjour les dégâts, le «Game» est devenu trop facile comme du beurre, c’est n’est pas le cas pour le Mbalakh qui demande une belle voix pour exister sur la scène musicale d’ailleurs, on peut même compter ceux qui en ont sur le bout des doigts.
Le Hip-hop est atteint par «l’Hydrocéphalie», une maladie rare, autrement dit, sa tête augmente de plus en plus laissant le reste de son corps mourir de Marasme et de Kwashiorkor.
Aucun rappeur n’aime, ne commente, ne partage les œuvres de son prochain, ou ne l’appelle guère en direct lorsqu’il est invité dans une radio ou une télé pour magnifier son produit, comment un rappeur Galsen peut-il concurrencer avec les Rappeurs américains comme Lil Wayne, Fifty Cent ou Drake sur Youtube, dans ces conditions précaires?

Si les rappeurs Dip, Omzo, Nit Doff, Canabasse qui sont en vogue actuellement ne peuvent même pas massacrer avec leurs vues réunies sur Youtube, Booba, le Bad-boy du Rap Français qui avait comparé le Rap sénégalais à celui des Polonais.

Malgré qu’il se soit vu attiré les foudres du mouvement Hip-hop et même des animateurs de certaines chaines de télés et radios de la capitale, les milliers de «Mélomanes-rappeurs» sont restés impuissants face à la situation car personne ne clique pour un Rappeur sénégalais.

Si tous les rappeurs s’étaient rangés derrière le talentueux Nix qui rappe bien en Français depuis le début, du temps de Kanthioli, Booba saurait vite qu’il trouvera un redoutable lion en foulant le sol sénégalais malheureusement il avait trouvé sur place que des chats qui miaulent.
En définitive, un Rappeur ne sera jamais millionnaire car si les 10 000 groupes de Rap plus les «Mélomanes-rappeurs» refusent toujours d’acheter son album, on ne voit pas comment il pourrait gagner sa vie dignement, ce qui est dommage…

Serigne Babacar Dieng

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