Un prof teste la puissance des réseaux sociaux pour sensibiliser ses élèves

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Combien de likes, partages et commentaires une photo postée sur Facebook peut-elle avoir en cinq jours ? Ceci n’est pas un problème de maths, mais une question qu’a posé le professeur de français Stéphane Fantini à ses élèves de 4ème. Afin de les sensibiliser à la puissance et aux risques concomitants des réseaux sociaux, il a posté sur Facebook le 20 octobre une photo de lui en classe, demandant à tous ceux qui la voyaient passer sur leur mur de la partager.

Cinq jours après, l’expérience a déjà dépassé ses espérances : près de 16 millions de personnes ont été atteintes et un million d’interactions ont eu lieu. « Je m’attendais à ce que ça aille vite mais je ne pensais pas que ce serait aussi fulgurant », témoigne Stéphane Fantini. L’expérience, déjà tentée par une étudiante québécoise en début d’année, a battu tous les records. « Ce sera très intéressant de voir la réaction des élèves à la rentrée, car cela paraît complètement gigantesque », explique le professeur.

« Cela prouve à quel point c’est très facile de perdre le contrôle »

L’idée est née quelques jours avant les vacances de la Toussaint, lors d’une sensibilisation au harcèlement physique, moral et cyber-harcèlement. « Je voulais leur montrer qu’une photo pouvait échapper très vite à celui qui la poste, mais je sentais que c’était difficile de les convaincre et ça sonnait un peu trop moralisateur, raconte Stéphane Fantini. Je leur ai donc proposé de faire une expérience : poster une photo et voir jusqu’où elle pouvait aller. » Non seulement la diffusion de la photo est impressionnante, mais le professeur aura « plein de choses intéressantes à dire à la rentrée » sur les dérives autour de son post : « Par exemple, quelqu’un a pris la photo, a isolé mon portrait et a créé un compte Facebook à mon nom, heureusement bienveillant. Cela prouve à quel point c’est très facile de perdre le contrôle de ce qu’on met sur les réseaux sociaux. »

Harcèlement, usurpation d’identité, mais aussi désinformation et détournements : si les élèves de 4ème sont au courant des risques des réseaux sociaux, « ils sont dans le jeu, c’est très ludique pour eux », estime le professeur. « Le but, c’est de leur faire prendre conscience qu’il faut contrôler ces outils ». Même si, comme il le reconnaît, Facebook est déjà un outil démodé pour les ados de 14 ans, qui sont plutôt sur Snapchat ou Whatsapp. « Mais même si la photo sur Snapchat est censée disparaître très vite, rien n’empêche de faire une capture d’écran et de la diffuser », rappelle le professeur, qui va avoir de quoi nourrir ses cours sur le thème « Informer, s’informer, déformer ».

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