Reportage au Sénégal : le numérique et la culture hip-hop comme tremplin (Vidéo)

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À Pikine, dans la banlieue de Dakar, Africulturban est un espace dédié aux nouvelles technologies et à l’expression de la culture hip-hop. C’est aussi un centre de formation pour les oubliés du système et de réinsertion pour des jeunes détenus à travers son projet phare Yuma (Youth Urban Media Academy). Grâce au numérique, ils apprennent à réaliser des vidéos, des sites Internet et des créations en tous genres. Et au-delà, en s’extirpant du pire, ils se transforment eux-mêmes et changent la société sénégalaise. Un reportage de la base de connaissances Solidarum

C’est un rappeur réputé au Sénégal, Matador du groupe WA BMG 44, qui a été il y a une petite dizaine d’années à l’origine de la création du centre Africulturban, à Pikine dans la banlieue de Dakar. Avec quelques proches et l’aide de la Fondation OSIWA (Open Society Initiative for West Africa), il a investi un bâtiment en friches et l’a transformé, non seulement en espace dédié aux nouvelles technologies et à la culture hip-hop, mais en centre de formation pour tous ces jeunes perdus, ayant abandonné leurs études ou fait de la prison, à travers son projet phare Yuma (Youth Urban Media Academy). Voir et entendre les ex « enfants terribles » Massaly, Amadou ou Elhaj, traduire leur envie de créer des films ou des oeuvres sur le Net, de raconter leurs histoires et « d’être libres » grâce à Yuma, a quelque chose de saisissant. Le hip-hop, pour bien des décideurs, commentateurs ou citoyens, se réduit au « Gangsta rap » et au non moins sinistre « rap bling bling », machiste, vulgaire et avide de gloire et de dollars. Et pourtant là, tout à l’inverse, c’est bel et bien cette culture de la rue qui permet à ces grands gamins que l’on pensait perdus de palabrer à nouveau avec leurs « frères et sœurs » et les « mamas » qui en pleurent… Là se niche peut-être l’essence de l’innovation sociale : une capacité à retourner les clichés les plus solides pour réinventer des liens, mariant ainsi des motivations de plaisir et des besoins de solidarité que l’on pensait opposés.

À l’instar du Youth Urban Media Academy d’Africulturban au Sénégal, l’invention sociale naît du mix, parfois délicat ou explosif, entre, d’une part des besoins cruciaux et des pratiques solidaires ; et d’autre part l’imaginaire voire certaines méthodes de l’innovation technologique ou marketing, tels qu’ils ont été rénovés et dynamisés par Internet, lesdites startups et le nouveau monde numérique.


Yuma Africulturban par digitalsocietyforum

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