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Sonko, l’inspecteur courage

Ousmane Sonko, fonctionnaire du fisc engagé politiquement, dévoile le système de fraude fiscale du pouvoir au profit des députés, ministres et proches du président. Il a été radié, lundi 30 août, de la fonction publique sénégalaise.

En ces temps-ci, il est sans doute l’un des acteurs les mieux cotés à la Bourse politique du Sénégal. Ses sorties font l’objet de réactions à tous les niveaux, les unes très laudatives à son endroit, les autres plus que virulentes à son encontre. Ce qui lui a valu une notoriété à la vitesse d’un TGV.

En l’espace de quelques mois, le leader de la formation politique Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) est devenu une personnalité très en vue. Et maintenant il est parti pour devenir un martyr. Ousmane Sonko est un inspecteur des impôts et domaines. Disons un ex-inspecteur, puisqu’il est suspendu de ses fonctions depuis mardi 25 juillet par sa Direction. Le ministère de l’Economie a instruit contre lui une procédure disciplinaire après une série de révélations sur de supposés scandales d’Etat.

Mais Sonko n’est pas seulement un politicien de plus. Il est surtout un casse-tête pour le pouvoir en place. Il divulgue, persiste et signe. Il provoque aussi. Après sa suspension, il s’est rendu le matin à son bureau comme il l’avait promis. Assis sur un fauteuil douillet au milieu de son bureau, il se prend en photo “attendant le lion qui dort” [référence à une phrase du président menaçant ses opposants : “On ne réveille pas un lion qui dort !”].
Sonko sait qu’il peut compter sur une large frange de la société. Homme politique, organisation de défense de la transparence ou simple citoyen, beaucoup lui ont manifesté leur solidarité, sans compter la sympathie dont il bénéficie. D’autres par contre le qualifient d’activiste qui foule aux pieds le devoir de réserve d’un fonctionnaire pour asseoir sa notoriété.

Adulé d’une part et méprisé de l’autre, cet homme était pourtant un illustre inconnu il y a deux ans. Certes, il a eu à diriger le Syndicat des impôts et domaines et y a mené des combats contre les plus hautes autorités de l’Etat, mais cela n’a pas fait de lui quelqu’un dont le nom frappait l’imaginaire de l’opinion publique. D’ailleurs lui-même le reconnaît. Lorsqu’il est entré en politique, en 2014, l’un des premiers obstacles auxquels a dû faire face son parti a été l’accès aux médias. “Ici au Sénégal, les médias ne vous prennent que quand vous êtes célèbres. Il faut avoir la notoriété pour accéder aux médias.” Mais ça, c’est le temps des souvenirs.

Du syndicalisme à la politique

Désormais, celui qui a débuté sa carrière au Centre des services fiscaux de Pikine [banlieue dakaroise] n’a plus de problème d’accès aux canaux de communication de masse. Au contraire, il est devenu omniprésent sur les plateaux de télé et studios de radio. Ses propos remplissent chaque semaine les colonnes des journaux. Il est surtout à la une. Ses sorties sous forme de conférences de presse ou autres sont courues par les journalistes. Auditeur interne à la direction du contrôle interne de la DGID, Sonko a comme point fort d’avoir axé son discours sur ce qu’il connaît le mieux, la fiscalité en particulier et la politique économique de façon générale. Ses propos sont toujours argumentés. “Il n’est pas mû par une volonté de nuire. Il cherche à dire la vérité. Et il sera difficile de le contredire”, prévient Birame Souley Diop, administrateur du Pastef.

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