Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a affirmé samedi que son pays avait réussi le test d’un moteur de missile intercontinental, une arme qui permettrait à Pyongyang d’effectuer une frappe nucléaire sur le continent américain.

Nouvelle démonstration belliqueuse de Pyongyang. La Corée du Nord a affirmé, samedi 9 avril, avoir testé avec succès un moteur de missile balistique intercontinental (ICBM) qui lui assurerait la capacité d’effectuer une frappe nucléaire sur le continent américain.

Grâce à ce nouveau moteur, la Corée du Nord “peut équiper ses fusées balistiques intercontinentales d’un nouveau type avec des têtes nucléaires plus puissantes et maintenir à portée de tir tous les bas-fonds remplis de malfaisants de la Terre, y compris la partie continentale des États-Unis”, a déclaré le leader nord-coréen Kim Jong-un, selon l’agence de presse officielle KCNA. L’agence a souligné que ce dernier avait ordonné et supervisé personnellement le test.

Ce “grand succès” donne à la Corée du Nord la “garantie” de pouvoir lancer “[une] attaque nucléaire sur les impérialistes américains et d’autres forces hostiles”, a assuré le président, cité par KCNA.

Le principal quotidien nord-coréen, le Rodong Sinmun, a publié samedi sur ses deux premières pages des photos de Kim Jong-un supervisant l’essai du moteur, en indiquant que le test avait été effectué au centre spatial de Sohae.

L’une des photos montre le leader nord-coréen en train de regarder vers le bas depuis une tour d’observation alors qu’on peut voir des flammes à l’horizon. Une autre photo montre des flammes jaillissant vers le bas depuis un moteur installé verticalement.

Nombre de spécialistes étrangers sont sceptiques devant de nombreuses revendications nord-coréennes récentes de succès dans les domaines du nucléaire militaire et des missiles. Ces experts estiment que le pouvoir de Pyongyang tente de mettre en valeur ses actions avant le mois prochain, lorsque se tiendra le premier congrès du parti depuis 36 ans.

Une “nouvelle grande victoire” pour la Corée du Nord

La tension n’a pas cessé de croître dans la péninsule coréenne depuis le quatrième essai nucléaire conduit par la Corée du Nord début janvier, suivi en février par le lancement d’une fusée, largement considéré par les spécialistes étrangers comme un essai déguisé de missile à longue portée.

En riposte, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté début mars de nouvelles et très lourdes sanctions contre Pyongyang, y compris des restrictions au commerce maritime et à l’exportation de minerais ainsi que l’interdiction de se procurer du carburant pour avions et fusées.

Ces dernières semaines, pourtant, la Corée du Nord a intensifié les annonces belliqueuses sur les progrès de ses programmes nucléaire et balistique, interdits par plusieurs résolutions l’ONU. Elle a notamment affirmé être parvenue à miniaturiser des têtes thermonucléaires pouvant être placées sur un missile balistique et à créer ainsi une “vraie” dissuasion nucléaire. Pyongyang a également menacé plusieurs fois la Corée du Sud et les États-Unis de frappes nucléaires préventives.

La Corée du Nord n’a encore jamais testé d’ICBM, mais elle a montré récemment un exemplaire de ce type de missile, le KN-O8, lors de défilés militaires à Pyongyang. Si le pays a clairement fait des progrès en développant le KN-08, les experts estiment qu’il est à des années d’avoir une capacité crédible d’effectuer une frappe avec un missile balistique intercontinental.

Kim Jong-un a toutefois déclaré que le test de moteur d’ICBM qu’il a supervisé démontrait au monde la capacité de défense nationale de la Corée du Nord. Il l’a qualifié de “nouvelle grande victoire” à présenter lors du congrès du Parti des travailleurs, au pouvoir, qui devrait avoir lieu le 7 mai.

Selon certains experts, Pyongyang pourrait même mener un cinquième essai nucléaire avant le congrès, et la Corée du Sud a dit être préparée à une telle éventualité.

La Corée du Nord avait affirmé en janvier avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire, annonce que les experts internationaux ont accueillie avec scepticisme.

 

 

France 24