DESSOUS D’UNE MENACE À EXÉCUTION IMPOSSIBLE – Me Abdoulaye Wade préférerait-il Macky aux autres ?

Attendre de Wade qu’il donne une consigne de vote en faveur d’un candidat donné, c’est presque verser dans une alternative politiquement impossible, et à la limite, insensée. Le Pape du Sopi semble guère vouloir se dénier, car voter pour quelqu’un voudrait dire qu’il a jeté l’éponge et que contrairement à ce qu’il avait dit, une élection présidentielle était bien possible sans son fils Karim.   

Dès lors se trouve -t-il face à un dilemme pour le moins compliqué. Soutenir Idy ou même un autre qui n’est pas Macky, signifierait amener Wade-fils à risquer d’attendre au moins 10 ans, au cas où le vainqueur de 2019 venait à rempiler,  avant d’espérer devenir Président de la République. Ce qui serait fortement hypothétique au vu du caractère aléatoire des schémas politiques jamais maitrisés d’avance.  

Annoncer qu’il s’en ira soutenir le candidat Macky Sall paraîtrait politiquement ubuesque, Wade gardant au travers de la gorge l’emprisonnement de Karim Wade. Seulement, à défaut de pouvoir pardonner, il pourrait davantage souffrir de voir l’actuel locataire du Palais de la République séjourner encore pour 5 ans et du coup,  valider les chances de son fils de devenir le sixième Président de la République du Sénégal. Il lui aura suffi prendre sa calculette pour comprendre que la victoire de son ancien Premier ministre paraît le mieux à même de pouvoir satisfaire ses ambitions dans ce sens. Alors, s’impose à lui désormais la tactique du sabotage qui ne se résumera qu’à de simples menaces non exécutoires. Clairement, Wade ne peut pas pardonner à l’opposition son option d’aller à l’élection, alors qu’il lui recommandait de la boycotter. Il reste convaincu que son candidat a été écarté illégalement.   

POURQUOI WADE NE PEUT PAS SABOTER LA PRÉSIDENTIELLE !  

En brandissant sa menace de perturber la Présidentielle, Wade a joué sa dernière carte…une carte hélas annulée par des éléments qu’il ne contrôle pas.  

D’abord, il sait que l’État, incarné par le ministère de l’intérieur, a suffisamment pris ses dispositions pour l’empêcher de dérouler son plan. Mais il sait surtout que ce plan n’est pas exécutable à cause de quelques petits soucis.  

1- Mauvaise démarche : Au sein du Pds, l’on ne semble plus disposé à suivre le Pape du Sopi dans ses élucubrations spontanées fabriquées en famille. C’est d’ailleurs la vision de ce haut responsable libéral qui lance  allègrement ce qui suit : ”nous ne sommes pas des moutons de Panurge. C’est quand même absurde que nous soyons assez irréfléchis pour le suivre alors que les décisions, il les prend seul ou avec sa famille. C’est comme si nous comptons pour du beurre dans cette affaire, qu’il nous faut nous confiner à ses désirs. Ils restent hors du pays et quand il s’agit de se jeter au charbon, c’est nous qui passons devant. Cette histoire ne peut plus continuer. Tout le monde s’est rendu compte que Me Madické Niang a eu raison sur nous quand il préconisait l’érection d’un plan B.”  

2-  L’éclatement du Pds-  Dans son engagement de saboter, Wade sera aussi confronté à un déficit de répondant. En effet, le Pds qui lui offrait le dispositif pour, est désormais fissuré. Certains ne sont plus disponibles à aller au front et à risquer la prison. D’autres vont très vite aller soutenir Idrissa Seck ou Me Madické Niang ou même encore un autre des 5 candidats.  

Bref, l’ancien Chef de l’État se trouve actuellement dans une situation complètement inconfortable qui l’oblige à ne pas donner de consigne en faveur de Macky Sall et à adopter la même attitude vis-à-vis des leaders de l’opposition. Et, dans cette tactique  de neutralité, de boycott et de menace de sabotage, il n’y a qu’un candidat qui y gagne : …MACKY.