Levée de la sanction de l’USO: “Mbour doit pardonner pour le bien du football sénégalais”

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Le tribunal arbitral du sport (TAS) a levé la sanction infligée à l’Union Sportive de Ouakam (USO). L’équipe du président Abdou Aziz Guèye va alors réintégrer la Ligue 1 sénégalaise qui en est à sa 9ème journée (saison en cours). Certes cette décision du TAS fait le bonheur des Ouakamois mais, il continue de susciter moult commentaires.

Joint par Metrodakar, Amara Traoré parle d’une décision “qui a été rendue par une instance reconnue par les différentes fédérations internationales et les comités internationaux olympiques (CIO)”. S’il met en exergue la crédibilité d’une telle décision, l’ex coach des Lions estime tout de même qu’elle met le football sénégalais dans un labyrinthe. «Aujourd’hui, on a démarré le championnat. Donc, intégrer une équipe dans ce contexte, je ne dis pas que c’est impossible mais c’est un véritable cas d’école», dit-il, proposant ainsi une réflexion sur l’organisation juridique du football local.

Réagissant sur cette affaire, le doyen Abdoulaye Diaw a comme Amara Traoré, préféré se fier à la décision rendue par le TAS. «Comme c’est l’autorité (le TAS) qui tranche, ils ont peut être les raisons de le faire. Parce qu’a ce niveau, je ne maîtrise pas personnellement les textes du tribunal arbitral du sport. S’ils ont pris la décision de lever la sanction de l’USO, c’est peut être de bonne foi Et le Tas me parait être une instance sérieuse. La meilleure solution, c’était de retrouver nos morts et malheureusement, ce cas de figure ne s’inscrit pas dans la logique du possible», note d’emblée le journaliste du Groupe Futurs Médias.

Interpellé sur la responsabilité des ouakamois souvent pointés du doigt dans cette affaire, Amara Traoré est catégorique. «Dès l’instant qu’il y a eu des morts, personne n’a raison dans cette affaire. J’ai d’ailleurs entendu la réaction du président de l’USO (Abdou Aziz Guèye, NDLR) qui a bien fait de dire que rien ne pourra remplacer les personnes décédées lors de ce match», argue t-il.

«La réintégration de Ouakam, une casse-tête»

Alors que se pose le débat sur la réintégration de l’USO, Amara Traoré lui a sa petite idée sur ce cas bien précis. «Personnellement, j’aurais souhaité que l’Union Sportive de Ouakam attende la saison prochaine pour rejouer en Ligue 1. Mais est-ce qu’elle va accepter», poursuit l’ex coach de la Linguère de Saint Louis.

Le doyen Abdoulaye Diaw s’est également penché sur la question. «Maintenant, ce qui m’intéresse c’est comment réintégrer l’Union Sportive de Ouakam cette saison. J’ai lu quelque part qu’il va falloir recommencer la saison (en cours). Alors, si on doit recommencer la saison, pourquoi doit-on jouer dès demain (hier samedi, NDLR)», s’interroge t-il, avant de poursuivre. «Maintenant, il faut se projeter vers l’avenir et cela passe par une réintégration de l’USO. Cela ne veut pas dire pour autant qu’on va ressortir la Linguère de Saint Louis (repêchée suite à la sanction de Ouakam, NDLR). Déjà, nous en sommes à 14 équipes en Ligue 1. Si deux équipes descendent et que deux autres montent et vous réintégrez Ouakam, ça fait déjà 15. Il faut dans ce cas tendre vers un championnat à 16 équipes», propose le chroniqueur sportif.

«Mbour doit pardonner pour le bien du football sénégalais»

Réintégrée en Ligue 1, l’USO va affronter des équipes de Mbour (Diambars, Stade de Mbour et Mbour Petite Cote). Cette situation risque de réveiller un sentiment de vengeance chez les supporters mbourois, surtout ceux du Stade de Mbour qui avaient perdu dans ce drame, 8 de leurs proches. Pour Amara Traoré, cela ne doit pas poser de problème. «Le risque zéro n’existe nulle part. Et je pense que d’ici là, la fédération et la Ligue Professionnel iront parler aux sportifs mbourois parce que ce sont des sportifs avant tout et un sportif ne doit pas être revanchard. Ouakam comme Mbour, sont des passionnés. Mais le moment venu, la fédération est à mon avis capable de mettre la sécurité qui sied pour que les rencontres entre l’USO et les équipes de Mbour se déroulent dans de bonnes conditions», ajoute t-il, avant de prier pour que pareille situation ne se reproduise plus.

Même son de cloche chez le journaliste du Groupe Futurs Médias. “Si les mbourois se vengeaient, à qui profiteraient-ils ?”, se demande Laye Diaw, avant d’ajouter. “Il ne sert à rien de se venger du côté de Mbour. Quand vous entendez ce discours, vous vous dites que ces gens-là en sont là. Car, leurs morts n’ont pas besoin de leur vengeance mais de leurs prières. Notre pays est déjà en deuil (avec le rappel à Dieu de Serigne Sidy Mokhtar Mbacké, NDLR) et programmer une telle vengeance, c’est prolonger le deuil”.

Pour que ce drame ne se répète plus, Laye Diaw propose un retour au tribunal religieux, relégué au second plan depuis.“Je disais ce matin à l’antenne (avant-hier vendredi, NDLR) qu’il nous faut revenir au tribunal religieux que nous avons relégué au second plan. Ça sera une tribune où siégeront des hommes d’Eglise et des imams pour la morale. Parce que ceux qui ont fini d’enterrer leurs morts ont une envie d’entendre un discours de nature à faire requinquer. Ce genre de tribunal me parait très approprié pour les sénégalais parce que nous avons la chance d’être conciliants”, propose t-il.

Metrodakar

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