Etats-Unis : la belle réponse de lycéens musulmans face aux propos islamophobes de leur proviseur

Dans le monde merveilleux de Trump, où la parole raciste est libérée et les suprémacistes blancs encouragés à sortir du bois, le proviseur d’un lycée situé à White Hall, dans l’Arkansas, galvanisé par ce climat délétère, n’a pas hésité à cracher son venin islamophobe sur les réseaux sociaux.

Indigne de sa fonction et totalement irresponsable, la petite phrase fielleuse, mise en exergue par Mark Jelks sur sa page Facebook, a profondément heurté un groupe d’élèves musulmans de son établissement scolaire. Et pour cause !

« L’islam sera bientôt banni d’Amérique ! ». Sonnant comme un sérieux avertissement à l’adresse de toute une communauté, ces mots offensants et menaçants à la fois, qui ont discrédité leur auteur, ont toutefois inspiré à Waleed Masoon, 16 ans, une riposte sereine et salutaire.Publicité

Une riposte qui, en s’élevant résolument au-dessus d’une islamophobie primaire et de ses torrents d’outrances, a révélé à quel point le directeur de la White Hall High School avait touché le fond, déshonorant l’autorité morale qu’il était censé incarner.

Evitant subtilement le piège de la surenchère verbale haineuse, Waleed Masoon et ses amis ont opté pour le langage apaisant des fleurs. Les bras chargés d’une magnifique gerbe, éclatante de couleurs, ils se sont rendus mercredi à leur lycée, afin de délivrer leur message d’une remarquable hauteur de vue.

A lire aussi:  Une mère de famille couche avec les petits-amis de ses filles de 14 et 15 ans

Accueillis par le surintendant Doug Dorris, en l’absence du proviseur dans la tourmente (le courageux mais pas téméraire Mark Jelks…), les adolescents ont lu la lettre qu’ils avaient rédigée après mûre réflexion, sous l’objectif des caméras des chaînes d’informations locales qui n’en ont pas perdu une miette.

« Monsieur Jelks, au nom de la communauté musulmane, nous souhaitons vous dire à quel point vos mots nous ont blessés. Mais nous sommes aussi ici pour vous dire que nous vous pardonnons de tels propos. Nous voulons vous montrer qui nous sommes vraiment. Nous sommes désolés d’avoir échoué à changer votre regard sur l’islam. A l’avenir, nous nous engageons à modifier vos idées fausses sur notre religion et notre communauté, et à mieux sensibiliser les gens autour de nous au vrai visage de l’islam ».

Reste à savoir si Mark Jelks, le proviseur dont l’islamophobie désinhibée a fait sauter toutes les digues, sera sensible à ces belles paroles qui appellent au respect et à la compréhension mutuels. Une vraie gageure dans l’Amérique de Trump…