Ramadan des filles de joie – Jeûner le jour et se prost*tuer la nuit.

Un tour au niveau de quelques bars à Grand Yoff entre 1h et 2h du matin, laisse constater que beaucoup de prostituées se sont retirées du « marché ». En ce mois béni, les bars ne réfugient plus autant de monde.

Selon certains videurs avec qui nous avons échangé, cela se justifie par le fait que la majorité de ceux qui fréquentent les bars dans cette localité sont des musulmans. La plupart d’entre eux, préfèrent s’abstenir pendant le ramadan pour faire du « sellal » (purification en wolof).Mais malgré tout, il y a certaines prostituées qui envahissent discrètement les bars et les rues de Grand Yoff.

Jeuner le jour et se prostituer la nuit

Incroyable, mais c’est la triste réalité. Des prostituées qui jeunent le jour et s’adonnent au plus vieux métier du monde la nuit, cela existe à Grand Yoff. Cependant il faut signaler qu’elles ne sont pas nombreuses. Comme nous ne pouvons pas faire la distinction entre les musulmanes et les non musulmanes, une personne sous le couvert de l’anonymat qui travaille dans un bar de la place confie « les femmes musulmanes viennent toujours ici. Mais quand même elles ont changé leurs ‘’emplois du temps ‘’ en ce mois de ramadan. Elles viennent ici maintenant entre 2h et 3h du matin ».

A la question du pourquoi ce changement « la plupart d’entre elles avancent qu’elles doivent aller préparer le ‘’Kheud’’ (le petit déjeuner qu’on prend juste avant l’aube pendant le ramadan).C’est pourquoi elles préfèrent rentrer avant 4h du matin. Alors qu’avant ce mois, elles restaient ici dés fois jusqu’à 5h du matin », répond notre interlocuteur.

Les prostituées abandonnées par leurs clients pour le « Sellal »

L’autre constat est que les hommes qui fréquentent les bars sont en majorité des musulmans. Il suffit juste de se promener dans quelques bars à Grand Yoff et environs pour s’en rendre compte. Avant le ramadan, les bars et lieux de prostitution se remplissaient d’hommes. Difficile aujourd’hui d’en trouver à cause du mois béni.

Une des vendeuses de chair à qui nous avons prêté une oreille attentive en pleine conversation laisse entendre « Ah ces temps ci, rien ne marche. Je sais que mes clients sont en train de faire du ‘’Sellal’’.Ils sont presque tous des musulmans. Tu vois, il n y a personne ici. On est au mois de ramadan. Les hommes se retirent des bars. ‘’Ah bayyil ma gnow gnibbi sah man. Fii daal mooy loolou.Dara dohout ».

Son interlocutrice d’ajouter « c’est vrai, les clients nous ont abandonné. Même moi ceux qui me sollicitent le plus sont des musulmans. Depuis le début du ramadan, ils m’ont fui et ne m’appellent plus au téléphone. Moi aussi je pense que je vais faire comme toi. Je vais bientôt rentrer ».

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

Si les prostituées et les propriétaires de bars voient leurs activités aux ralenti, les populations qui habitent près de ces lieux de rencontre, sont très content de cette situation. Amadou est un boutiquier qui habite près d’un bar.

Ce dernier qui dit toujours dénoncer la prolifération des coins de rencontre des prostituées à Grand Yoff martèle « actuellement, nous vivons en paix depuis presque 10 jours.Les taxis ne nous tympanisent plus avec leurs klaxons pendant la nuit. On a l’esprit tranquille, car, on assiste plus à des bagarres et disputes. Vraiment si les choses continuent comme ça, cela nous fera énormément plaisir. Mais, nous savons que cela est impossible car juste après le ramadan, les prostituées vont reprendre leur travail normalement. Elles vont envahir le quartier avec leurs voitures qui nous empêchent de bien dormir »

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