Ibra Ndiaye, Imam et inspecteur de l’éducation : « En islam, le voile n’est pas nécessaire si »

Suite à l’interdiction du voile à l’Institut Sainte Jeanne d’Arc, l’imam Ibra Ndiaye a expliqué que même si l’institution n’a pas les prérogatives pour imposer une telle interdiction, il n’en demeure pas moins que le voile est recommandé, mais non obligatoire.

L’inspecteur de l’éducation et de la formation, ancien directeur du Centre Régional de Formation des Personnels de l’Éducation (CRFPE) de Fatick, est en terrain connui quand il s’agit d’éducation. D’emblée, il martèle que : « la direction d’une école ne peut décider au Sénégal de cette interdiction à la place de l’autorité publique. Une telle interdiction devrait être décidée par arrêté ministériel ou par décret présidentiel. Par respect pour la tutelle hiérarchique, le directeur devrait en faire la demande au ministère de l’Éducation nationale et attendre la réponse. »

« Je ne suis pas un défenseur du voile. Que les gens relisent bien le verset qui vise à protéger les femmes contre le harcèlement quasi-permanent dans l’Arabie du Prophète (saw) où l’État qu’il venait de fonder n’avait pas encore une police des mœurs, et il ne pouvait pas en avoir car les infidèles socialement dominant avant le triomphe de l’Islam ne l’auraient pas accepté. Si l’État est en mesure de protéger juridiquement et civilement les femmes contre le harcèlement sexuel, le voile n’est pas du tout nécessaire. D’ailleurs le verset suivant, celui qui parle du voile, montre qu’il est recommandé mais non obligatoire », poursuit l’imam qui officie à Fatick.

Pour l’inspecteur et imam, le port du voile doit être vu comme un choix, « celles qui veulent en porter sont libres de le faire, celles qui n’en veulent pas n’y sont pas astreintes. Une prostituée voilée montre que le voile n’a pas de signification vestimentaire. L’Islam n’acceptera pas une femme voilée avec pantalon et corsage moulants ou transparents. C’est un problème de mœurs et non de port vestimentaire. »

Cependant, il insiste que :  » l’État doit faire respecter son autorité et demander à toute école sénégalaise ou étrangère sur notre territoire de ne pas, de façon unilatérale, prendre ce genre de mesure qui ne peut être décidée que par l’autorité publique. »

Babacar Touré

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