Idrissa Seck : Un Trans panafricaniste à la vision mondialisée ! (Par Mandiaye Diop)

Avant les indépendances, deux groupes d’hommes politiques africains s’opposaient : les fédéralistes et les territorialistes. Les premiers avaient une vision globale, prospective et nationaliste ; les seconds une vision courte et présente qui obéissaient aux seuls intérêts des colonisateurs.

Après 1960, début des indépendances, de grands intellectuels et hommes politiques africains s’approprient du fédéralisme et créent des mouvements, des courants littéraires et des partis politiques pour convertir le panafricanisme idéologique en un système politique et économique. On peut citer, entre autres, Cheikh Anta Diop et Kwamé Nkrumah. Cheikh Anta Diop, dans son œuvre, les fondements économiques et culturels d’un Etat fédéral d’Afrique noire, rejoindra Kwame Nkrumah sur le fait que l’unité du continent est la condition sine qua non pour faire basculer l’Afrique sur la pente du développement.

Au début du XXIèm siècle, s’opère au Sénégal la première alternance politique avec comme principal artisan le directeur de campagne de Maitre Abdoulaye Wade : Idrissa Seck. Celui-ci marque son territoire et montre la voie à suivre pour le développement du Sénégal et fédérer l’Afrique.
Idrissa apporte sa touche dans le panafricanisme.

En effet, à la place des discours et théories politiques il réalise des progrès sur le plan économique et diplomatique. En 2003, en tant que premier ministre, il effectue une visite officielle en Gambie. Il y signe, avec le gouvernement du tout puissant Yahya Jammeh, un accord bilatéral de la construction du pont sénégambien (ce pont n’est réalisé que seize ans après).

Ainsi il enclenche le processus de la renaissance de la Sénégambie et son prolongement l’intégration de l’Afrique. Or l’un des facteurs majeurs du sous-développement de l’Afrique est la balkanisation et l’absence de réseaux de communication dense.
C’est la raison pour laquelle, même en dehors du gouvernement, conscient des enjeux de la mondialisation et de la nécessité des Africains d’intégrer leurs économies, il développe une vision politique Trans africaniste.

Ainsi nous avons choisi, pour cette partie, celle relative à la connexion économique de l’Afrique occidentale. Il s’agit du port sec de kidira et de Nouvelle de Diaobé. Avant de démontrer la pertinence de ses deux projets, précisons que leurs réalisations vont intégrer le continent africain.

En réalité, au Nord-Est, le Mali constitue le tampon entre l’Afrique noire et le Maghreb ; à l’Est et au Sud, le Niger et le Nigéria sont frontaliers à l’Afrique orientale et l’Afrique méridionale. A partir de là l’Amérique, Europe et l’Asie sont connectées. Rappelons qu’au XVème siècle, quand les Européens voulaient pénétrer l’Afrique et établir leur domination économique et politique mondiale, ils ont commencé à installer des comptoirs commerciaux sur les côtes ouest africaines avant d’occuper l’intérieur du continent.

Six siècles plus tard, les multinationales européennes sont présentes partout sur la planète malgré les fortes dominations américaines et chinoises. Peut-être c’est ce qui a inspiré Idrissa Seck. Son projet est plus viable et plus humaniste que celui des Européens qui est d’ordre impérialiste économique et politique.

La construction à Kidira d’un port sec assure le trafic international entre le Sénégal et le Mali. Elle poursuit un triple objectif. Premièrement, ça contribue à désengorger Dakar. Car les milliers de camions qui assurent le transport des biens entre le port de Dakar et le Mali resteront à Kidira.

Deuxièmement, le réseau routier aura une durée de vie plus longue. Egalement, il permet à l’Etat d’affecter les ressources financières destinées à sa réhabilitation au budget d’investissement (BIC).

Enfin, ce projet est créateur de richesse. « Les infrastructures et services de transport constituent un des sous-secteurs d’appui à la création de richesses pour une réduction de la pauvreté au Sénégal. Il, en plus, contribue à l’accroissement des échanges sous régionaux et au désenclavement de zones rurales nationales.

Diaobé Nouvelle ville, plateforme de transition entre le Sénégal et la Guinée, est une réponse à l’impertinence de la ville de Diamniadio. Dakar est toujours étouffé et le réseau routier continue de se dégrader sans compter sa pollution.

Cependant cette nouvelle ville aura des impacts socio-économiques et stratégiques. En réalité sa construction fera d’elle une grande métropole autour de laquelle graviteront beaucoup d’autres villes vivantes. Le taux de chômage et l’exode rural vont considérablement baisser.

Mieux l’agriculture va assurer les besoins des matières premières de l’industrie. Ce qui permettra de produire dans les zones périphériques, transformer à Diaobé et alimenter les marchés intérieurs et extérieurs. Ce qui renversera la tendance de la balance commerciale qui est jusqu’ici déficitaire.

Mieux l’Afrique pourra concurrencer avec les autres espaces économiques dans la mondialisation. Donc cette vision d’Idrissa Seck transcende les frontières africaines.

Mandiaye Diop