Qui est Edouard Philippe le nouveau Premier ministre français ?

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S’il n’est pas encore “le meilleur d’entre nous”, comme jadis fut qualifié Alain Juppé, Edouard Philippe est probablement celui en qui le maire de Bordeaux fonde le plus d’espoir. Interrogé par 20 Minutes, il évoque “un homme de grande qualité pour qui [il a] beaucoup d’estime et d’amitié.” Des compliments qui sont arrivés aux oreilles d’Emmanuel Macron qui a nommé Edouard Philippe comme son Premier ministre, le 15 mai 2017.

Le nom du maire du Havre circulait depuis quelques jours maintenant, pour occuper l’hôtel Matignon sous la présidence d’Emmanuel Macron. Âgé de 46 ans, il est élu depuis 2010 à la tête de la ville de la Seine-Maritime, sous la bannière Les Républicains. C’est pourtant de l’autre côté du spectre qu’Edouard Philippe a fait ses armes.

Militant rocardien

Après Sciences Po et l’ENA, le Rouennais débute sa carrière de militant au sein du PS, adhérant à la ligne conduite par Michel Rocard, durant deux ans, entre 1993 et 1995. Il déchante pourtant: “Je n’ai pas été très emballé par ce que j’y ai vu [au PS], notamment quand François Mitterrand a décidé d’avoir la peau de son ancien chef du gouvernement”, a-t-il confié au Point. Il se rapproche ensuite, à partir de 2001, d’Antoine Rufenacht, le maire du Havre, classé au centre-droit. Cet ancien collaborateur de Raymond Barre, directeur de la campagne de Chirac en 2002 lui met le pied à l’étrier.

En 2002, il est candidat à l’élection législative pour la première fois de sa vie, dans la 8e circonscription de la Seine-Maritime. Mais, contacté par Alain Juppé au même moment, il met sa carrière de futur élu entre parenthèses pour devenir directeur général des services de l’UMP tout fraîchement créé. Il va y rester jusqu’à la démission d’Alain Juppé (après sa condamnation dans l’affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris) en 2004.

Commence alors pour lui une traversée du désert politique ou il n’est que conseiller régional de Haute-Normandie. En 2007, il rejoint furtivement le cabinet d’Alain Juppé quand ce dernier est nommé numéro 2 du gouvernement Fillon. Mais, battu aux législatives qui suivent, Juppé démissionne du gouvernement et entraîne de nouveau Edouard Philippe vers la pénombre. Pendant trois ans, de 2007 à 2010, il va occuper le poster de directeur des affaires publiques au groupe Areva. Il est parallèlement suppléant du député de la 7e circonscription de la Seine-Maritime, Jean-Yves Besselat.

Député-maire

En 2010, le conseil municipal du Havre élit Edouard Philippe au poste de maire, après la démission d’Antoine Rufenacht. Il devient aussi président de la communauté de communes. En 2012, il devient député après le décès de M. Besselat, mais il n’a pas l’occasion de siéger dans l’Hémicycle, le décès étant intervenu après la fin de la mandature. Il est réélu au poste de député lors des législatives de juin 2012. Deux ans plus tard, il est réélu maire du Havre, dès le premier tour.

Juppéiste convaincu, Edouard Philippe s’est rapidement démarqué de la campagne de François Fillon lors de la primaire de la droite et du centre. Homme de lettres – il a écrit deux romans avec son “ami”, le juppéiste Gilles Boyer et a tenu un blog pour Libération durant la campagne présidentielle – il va devoir maintenant apprendre à diriger les troupes. Un comble pour cet homme qui voulait devenir chef d’orchestre, comme il avait expliqué au magazine Le Point : “Malheureusement, je n’avais pas le talent pour cela”.

Un blâme de la HATVP en 2014 

Discret, Edouard Philippe risque bel et bien de passe aux rayons X d’ici peu. D’après Mediapart, il a écope d’un blâme de a Haute autorité pour la transparence de la vue publique pour avoir refusé de fournir certaines informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014. Interrogé par le site, il a expliqué : “Comme beaucoup de parlementaires sans doute, j’ai essayé de concilier le respect de la loi et une forme de mauvais humeur.”

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