L’Africain le plus diplômé du cap au Caire veut encore brûler le Sénégal

Se le multipartisme existe aujourd’hui, c’est en majeure partie grâce à vous. Vous vous êtes battu pour la démocratie sénégalaise. Vous avez rempli votre rôle d’opposant sous Senghor et sous Diouf avant d’accéder à la magistrature suprême en 2000. Après douze ans au pouvoir, une seconde alternance a vu le jour au Sénégal. Monsieur le Président, vous serez toujours un héros au Sénégal et en Afrique et dans le monde entier et vous resterez toujours « immortel ». Monsieur le Président, je dois vous rappeler que malgré tout cela, nul n’est au-dessus du Sénégal. Nous avons hérité de ce pays et nous allons le léguer aux générations futures dans de meilleures conditions ou à la limite dans les mêmes conditions.

En vous décernant le titre de père de la démocratie sénégalaise, j’ai parlé de votre parcours en tant qu’opposant et non en tant que président. Monsieur le Président, j’allais être la première personne à répondre à votre appel si votre dynastie avait été impeccable, mais hélas, tel n’était pas le cas. Monsieur le Président, nous ne brûlerons ni les cartes, ni les bulletins encore moins notre cher pays. Doit-on encore blâmer ces propos sur votre âge avancé Monsieur le président ?

Monsieur le Président, notre pays a déjà été brûlé et est toujours en train d’être brûlé. Vos douze ans de règne et les sept ans de règne de votre fils adoptif, n’ont fait que sombrer le Sénégal dans un désastre économique et une crise de valeurs sans précédent. Monsieur le Président, nous sommes toujours sans emploi depuis le temps de « Sopi ». Monsieur le Président, vous avez créé vos milliardaires, mais la majorité souffre toujours.
Vous vous êtes certes opposés rudement, mais vous avez dirigé avec une ardeur et une absence de pitié dont nous nous rappelons toujours. Cette marche des imams à cause de factures trop élevées, avec 159 000 factures contenant des anomalies sur 720 000 comme l’avait reconnu votre ministre de l’Énergie. (Le Quotidien du 11 décembre 2008). La cherté de la vie rendait la survie impossible sous votre règne. Comme vous et votre fils adoptif êtes logés et nourris par nous la population, je vais vous rappeler les prix des denrées de première nécessité. Le kilogramme de riz qui coûtait 140 Francs CFA est monté à 240 Francs CFA en 2008. Le kilogramme de viande de mouton qui coûtait 1200 Francs CFA en 2000 coûtait 2580 Francs CFA en 2007. La bouteille de gaz de 6 kilogrammes qui coûtait 1495 Francs CFA en 2004 coûtait 3109 en 2007 et celle de 12 kilogrammes qui coûtait 3615 Francs CFA en 2004 est passée à 7165 Francs CFA en 2007. Le prix du sac de riz de 50 kilogrammes est passé de 9 500 Francs CFA à 17.000 Francs CFA à Dakar et 20.000 Francs CFA dans les autres régions du pays. Quand les populations avaient marché pour décrier la cherté de la vie, Monsieur le Président, vous avez utilisé les forces de l’ordre et cela a causé la mort d’un homme et l’arrestation d’une vingtaine de personnes. Monsieur le Président, il n’y a toujours pas eu de procès pour les 12 Sénégalais qui ont été assassinés sous votre administration et votre fils adoptif a suivi sur vos pas. Aucun procès n’a eu lieu pour la mort de cet étudiant de Gaston Berger qui ne faisait que réclamer sa bourse. Paix a son âme !

Vous avez fait rêver les Sénégalais en parlant d’Air Teranga et d’un train ultra-rapide sans chauffeur pour rallier AIBD à la capitale. Je vous rassure, votre fils adoptif a réalisé vos vœux, sans étude, ce qui a endette le Sénégal d’une manière exponentielle. Monsieur le Président, vous avez bien appris votre fils adoptif à faire des dépenses somptuaires. Vous avez dépensé 25 milliards pour le tunnel de la corniche Ouest, il a dépensé 416 milliards pour Ila Touba. Vous avez dépensé 52 milliards pour la construction des villas dites présidentielles du méridien président, il a dépensé 32 milliards pour la construction de l’arène nationale. Vous aviez le trou de 20 milliards de l’affaire SUDATEL sans suite, nous avons notre PRODAC avec un montant de 29 milliards sans suite alors que l’ancien maire de Dakar a été écroué pour 1,8 milliards. Et notre autoroute que nous trouvons très utile Monsieur le président ? Nous avons financé 181,5 milliards de francs CFA sur les 306,5 milliards du financement public et le groupe Eiffage n’a financé que 20,8 milliards de francs CFA sur les 61 milliards de francs CFA du financement privé. Pourquoi la SENAC est alors responsable de l’exploitation de l’autoroute jusqu’en 2039 ? Ne vous en faites pas, votre fils adoptif a suivi sur vos pas, tout le Sénégal est sous concession comme vous le lui avez bien appris.
Monsieur le Président, vous voulez un autre 23 juin 2011 ? Nous disons NON !
Monsieur le Président, que Dieu vous donne longue vie et surtout qu’Il protège et bénisse le Sénégal !

Auteur: Mohamed Dia, Consultant bancaire