Les dangers du parrainage en français facile.

Le système du parrainage est un projet de loi que l’exécutif (Le président Macky Sall et son gouvernement) cherche à faire voter par l’assemblée nationale. Le projet a entre autres objectifs de rationaliser le coût des fonds qui sont alloués à l’organisation des élections présidentielles, de claquer la porte au nez des candidatures fantaisistes (candidatures avec des chances de remporter les élections presque inexistantes) et de faciliter sur le plan de la procédure une bonne administration tout le long de la période des élections. Selon le projet, chaque candidat doit être parrainé par 1 pour cent des électeurs inscrits sur les listes électorales. Quant aux candidats indépendants, ils devront totaliser 10000 signatures valables pour faire acte de candidature.

 

Les objectifs sus évoqués n’ont rien de bien inquiétant si l’on s’en tient à leur énumération mais si on réfléchit à leur potentielle application, on se rend compte qu’ils réconfortent assez bizarrement la position du président de la république quant aux prochaines élections. En effet, parmi les 15 millions de sénégalais, seuls 6,5 millions d’entre eux se trouvent pour le moment sur les listes électorales. En d’autres termes, chaque candidat non indépendant devra être parrainé par 65000 citoyens inscrits sur les listes électorales éparpillés aux 4 coins du Sénégal. Autant nager à contre courant en pleine mer. Nul besoin de rappeler la difficulté que ce sera pour les candidats autonomes de rassembler 10000 signatures pour faire valider leurs candidatures. Des signatures qui resteront en fin de compte discutables car, soumises à un contrôle.

 

55 milliards de FCFA ont été affectés à la confection des nouvelles cartes biométriques. Malgré ce budget colossal, l’essentiel des cartes enregistrées peinent à être délivrés et celles qui le sont déjà embarquent des erreurs diverses (nom,age taille, sexe poids etc). Il semble même que les citoyens qui se sont montrés favorables au régime actuel bénéficient plus facilement et dans des délais plus courts de leurs cartes. Une gestion opaque de la procédure qui est décriée par beaucoup de Sénégalais. Le régime actuel a donc en amont une sorte de contrôle qu’il exerce sur l’électorat. Ensuite, si le projet sur le parrainage est mené à bout, il aura une deuxième forme de contrôle sur l’électorat qu’il pourra également utiliser à son avantage: la détention des listes des électeurs qui ne lui sont pas favorables. Quoi de mieux pour un agresseur que de connaitre les itinéraires quotidiens de sa cible…

 

A ces dangers, on peut ajouter la proposition de modification de l’article 57 du code électoral qui dispose: « Tout Sénégalais peut faire acte de candidature et être élu sous réserve des conditions d’âge et des cas d’incapacité ou d’inéligibilité prévus par la loi ». la proposition de modification est la suivante:
« Tout Sénégalais électeur peut faire acte de candidature et être élu sous réserve des conditions d’âge et des cas d’incapacité ou d’inéligibilité prévus par la loi » Cette modification a pour but d’exclure toute personne qui n’est pas électeur pour une quelconque raison. Une façon subtile  d’exclure Khalifa Ababacar Sall ou encore KarimMeissa Wade de la course à la présidence de la république.

SEN PETIT SENEGALAIS

METRODAKARR

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