Tycoo : «Elle n’était pas assise sur mes cuisses, mais …»

Le célèbre tatoueur, Djibril Nd. Diop alias Tyco Tatou, a été jugé ce mercredi par le tribunal des flagrants délits de Dakar. Il est accusé de tentative de viol par la dame Warda A., épouse d’un fonctionnaire des Impôts et Domaine, qui avait accepté de se tatouer nue. Le verdict sera rendu demain vendredi.

Ce mercredi, Djibril Ndiogou Diop alias Tyco Tatou comparaissait devant le tribunal des flagrants délits de Dakar pour “tentative de viol et coups et blessures volontaires”. Interrogé par le juge, il a nié la tentative de viol, tout en reconnaissant avoir cogné Ama Dème qui l’a insulté de mère. «J’ai frappé le gars, mais je n’ai jamais tenté de violer la dame», se défend Tyco.

Ama Dème, partie civile dans cette affaire, explique : «Mon ami, sa femme et moi avons été conduits chez Tyco. C’est l’épouse de Tico qui nous a reçus et Warda lui a dit vouloir se tatouer le dos et la cuisse. Après avoir payé le prix, le mari de Warda est parti à l’hôpital Principal. On venait de l’informer que sa première femme était malade.» Ama ajoute que Tyco avait tenté de violer Warda alors qu’elle était nue.

Selon lui, Warda est sortie de la chambre du tatoueur, en lui disant : «Sortons d’ici…, ki domou kharam leu», (c’est un fils de p…). Puis, précise Dème, «elle m’a expliqué que le gars (Tyco), lui a demandé pardon, en la suppliant de ne pas le vilipender.»

Ce que dément Tyco en l’absence de la plaignante qui ne s’est pas présentée à la barre.

«La dame m’a dit qu’elle voulait se tatouer de la chute des reins, au début du fessier et le mollet. En présence de ma femme, je lui ai dit qu’elle devait se déshabiller, puisqu’elle voulait se tatouer toutes ces parties du corps. Quand ma femme est sortie, j’ai dit à Warda de fermer la porte. Après la préparation du modèle, j’ai commencé le travail. Elle était debout et moi, à genou pour tatouer le mollet. Pour le tatouage du postérieur, elle ne s’est jamais assise sur mes cuisses (comme elle le prétend dans le procès verbal d’enquête préliminaire dressé par la gendarmerie : NDLR). Elle était accroupie au lit, en montrant le derrière», se défend Tyco.

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A la question du juge sur la sensibilité de son métier, il répond : «Depuis 2003, je fais ce métier. Voir les fesses et les aisselles, pour moi, c’est du pareil au même. J’ai acquis de l’expérience qui me permet de me maîtriser. Elle m’a demandé si c’était forcé d’enlever son slip, je lui ai dit non, mais elle a accepté de l’enlever. À peine la séance entamée, elle a commencé à ressentir des douleurs. Elle m’a demandé si la séance allait prendre du temps, je lui ai dit que l’on n’avait même pas fait la moitié. Ensuite, j’ai utilisé 7 aiguilles, puis 15. Elle a relevé que c’était douloureux. Pour la rassurer, je lui ai dit que c’est supportable. Comme elle avait peur du tatouage d’en haut, je lui ai dit de tatouer le mollet, mais elle semblait vouloir qu’on lui rembourse son argent, sous prétexte que c’est douloureux et qu’elle ne voulait plus continuer. J’ai demandé à ma femme de lui remettre son argent. Elle n’est jamais sortie en fuyant. Durant la séance, il y a des moments où jetais avec ma femme et d’autres où j’étais seul avec elle. Warda est restée environ 1 heure de temps sur les lieux. Je n’ai posé aucun acte lui faisant croire à une tentative de viol. À la gendarmerie, j’ai montré une vidéo de filles avec le même tatouage et la même position», ajoute-t-il.

La plaignante, représentée par son avocat, a demandé le franc symbolique et le Procureur a requis l’application de la loi.

Naturellement, les avocats du mis en cause ont demandé sa relaxe

Le juge rendra son verdict ce vendredi 18 janvier 2019.

IGFM