Depuis un certain temps, nous assistons, de la part de ceux qui nous gouvernent, à des déclarations dont la teneur en arrogance, condescendance et mépris vis-à-vis du peuple est extraordinairement excessive. Ces gens-là, visiblement, ont oublié la raison pour laquelle ils ont été élus. Mais qu’ils en soient toujours rassurés, tant qu’ils joueront les amnésiques, nous ne manquerons jamais de jouer les remémorateurs.

Tout peuple qui élit des dirigeants est en droit d’attendre d’eux qu’ils aient les épaules suffisamment larges pour recueillir ses plaintes et complaintes. Et le premier des dirigeants dans un pays, c’est bien évidemment son président. C’est pourquoi il est le premier à être interpellé toutes les fois où un citoyen ou une catégorie socioprofessionnelle de citoyens juge sa situation insatisfaisante. Dès lors, il est attendu de lui qu’il soit celui qui tire les autres, de par son exemplarité, vers les bonnes attitudes, en tout temps et en tout lieu. Et s’il y a une idée qu’il doit, en permanence, porter en bandoulière, c’est celle consistant à se dire que son premier devoir, vis-à-vis de tout citoyen qui se plaint, quelqu’en soit la raison, doit être de respecter sa ou ses revendications. Et le respect de ces dernières commence d’abord par reconnaître leur légitimé. Il ne lui appartient pas d’avoir un jugement de valeur sur la pertinence ou non, sur le caractère raisonnable ou non d’une doléance citoyenne; il doit considérer comme légitime et bien fondée toute revendication citoyenne.

C’est pourquoi j’avais considéré que le président Macky SALL avait fait preuve d’un manque de respect notoire à l’égard des victimes des inondations qui ont récemment frappé Dakar et sa banlieue, en ne trouvant rien de mieux à leur dire que : « Je ne peut pas arrêter la pluie avec mes mains ».
Son ministre de l’intérieur s’était lui aussi illustré dans ce même sens en déclarant, lorsque plus de 400 de nos concitoyens ont péri dans les eaux méditerranéennes, en tentant de regagner l’Europe, que : « Le gouvernement n’est pas là pour dénombrer des morts ».
La récente réponse fournie par le président de la république à un citoyen qui l’interpellait sur les droits de passage, au niveau des autoroutes à péage, dont il juge les prix exorbitants, est aussi démonstrative de ce manque de respect et même pire, d’une volonté de faire passer sa plainte pour une revendication dénuée de sens. Parce qu’en lui disant : « Si vous n’avez pas de quoi payer le péage, empruntez la route alternative qui est certes gratuite, mais parsemée de nids de poule et sujette à des bouchons », il entendait clairement par là lui montrer que sa revendication est dépourvue de sens, dès lors qu’il a la possibilité de passer ailleurs. Et c’est ça qui dérange, en premier, dans cette sortie malencontreuse du président.

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