Le 4 janvier dernier, à la rentrée des vacances de noël, Diary Sow, une étudiante en deuxième année de prépa à Louis-le-Grand, a décidé de s’éclipser de son paysage habituel. N’ayant pas encore eu connaissance des motivations de la jeune femme de 20 ans, les autorités française et sénégalaise ont déployé les gros moyens pour essayer de la retrouver. Les étudiants sénégalais de France, les internautes et toutes les bonnes volontés ont participé à leur manière, à la vaste opération de recherche. L’affaire a très vite revêtu un caractère international notamment par le biais des presses sénégalaise et française. Entre temps, de l’eau a coulé sous les ponts et les conséquences de la disparation de Diary ont pris forme sous divers aspects, alimentant par la même, toute une flopée d’impressions, d’hypothèses et de positions sur sa posture. Il y a 2 jours, les autorités sénégalaises ont confirmé à l’opinion publique que la disparition de la jeune femme était volontaire et son parrain le ministre Serigne Mbaye Thiam a même partagé sur son compte Twitter des extraits d’une lettre que Diary lui a écrite. Entre les lignes du texte de Diary, on peut facilement comprendre que la jeune femme se tenait au courant de l’essentiel de l’information qui nimbait sa disparition. L’épisode de son retrait volontaire impose aujourd’hui plus que jamais un bilan et plus précisément, un bilan échafaudé autour de son personnage et des conséquences qui ont pu découler de son action vis-à-vis d’elle même sur le plan psychologique, émotionnel et académique mais aussi, vis-à-vis des personnes extérieures qui ont été touchées par sa disparition en commençant par sa famille, ses proches et enfin, tous ceux qui se sont fait un sang d’encre pour elle et ont participé, à leur manière, à sa recherche.

Sur le plan académique, Metrodakar s’est adressé à un ancien étudiant de Louis-le-Grand pour cerner les conséquences que peuvent avoir la décision de Diary sur ses études. Les réponses obtenues ont été plutôt rassurantes car, selon S.S, notre interlocuteur, Diary Sow peut toujours poursuivre sa troisième année de prépa tout en conservant sa bourse d’excellence si elle décide d’y retourner. Toutefois, pour les concours auxquels elle devait s’inscrire, la balle est déjà partie. Dans le cas où Diary déciderait de ne pas retourner en prépa, elle pourrait toujours intégrer certaines universités françaises mais elle n’aura certainement plus le privilège de disposer de sa bourse d’excellence.

Sur le plan psychologique et émotionnel, le scénario semble moins magnanime pour la personne de Diary Sow. L’aura de l’état psychologique et émotionnel de la jeune femme frappe naturellement tout lecteur qui s’intéresse de près à ses écrits. Ce départ qu’elle qualifie de  »quête profonde de soi » renseigne à suffisance sur son élan. Elle affirme toutefois la nécessité que fut son  »son répit salutaire » pour lequel elle déclare ne nourrir aucun regret. La situation qui a semblé désoler Diary dans sa lettre demeure plutôt les conséquences déplorables que son action a pu avoir sur ses proches et sa famille en particulier. Concrètement, Diary affiche dans ses écrits le courage qu’elle a eu de vivre et d’assumer la nécessité de son retrait. Toutefois, comme elle l’a indiqué dans sa lettre, il lui manque encore la force de reprendre contact avec sa famille. Nous espérons qu’elle puisse le faire dans les meilleurs délais et avec une conviction de l’acabit de celle qui l’a aidée à nourrir et à consommer sa retraite temporaire.

Par rapport aux personnes extérieures qui ont de par leur élan manifesté leur soutien à Diary, les sentiments sont partagés à la suite des quelques mots qui leur ont été dédiés. Diary a déclaré être désolée pour la  »gêne occasionnée » mais pas pour le fait d’être partie. La façon dont ces mots ont été accueillis divise l’opinion sur la question de sa disparition. Pour certains, ce qui compte c’est qu’elle soit saine et sauve peu importe ce qui a pu se passer. Pour d’autres, il est tout à fait inadmissible que Diary Sow ait pu s’éclipser juste pour son  »répit salutaire ». Sa démarche a été jugée irrespectueuse et immature par beaucoup de sénégalais qui estiment que sa mère ne méritait pas une telle ordalie. Certains ont eu le sentiment d’avoir stressé pour  »rien » pour une jeune femme qui a pris un malin plaisir à les balader du haut de sa capricieuse et égoïste  »fugue ».

Cette esquisse du bilan de l’épisode Diary est loin de se vouloir exhaustive et ne saurait se réclamer globalisante pour la simple raison que la méthode d’élaboration de son corpus ne le permet pas. Plusieurs paradigmes ont été volontairement éludés alors qu’ils revêtent toute leur importance. La motivation de notre tribune s’inscrit dans une démarche synthétique par rapport à ce à quoi nous pouvons nous intéresser sans prendre le risque d’être partial et/ou diffus tout en renseignant de façon objective sur les manifestations de l’élan de Diary; sans nous immiscer dans l’intimité de son cœur que nous ne partageons pas mais essayons quand même de comprendre en tout altruisme, de par les quelques lignes qu’elle a bien voulu nous en livrer.

Metrodakar

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